L’après-guerre

Années 1950-1960

Le président Syngman Rhee a du mal à gouverner et doit à plusieurs reprises, dès 1952, avoir recours à des méthodes illégales pour maintenir son autorité. Il arrête ainsi en 1958 les députés de l’opposition, le laissant siéger à l’assemblée que les députés de son parti, après s’être fait réélire pour une troisième fois en 1956. Cette manière despotique de diriger, qui donnait le ton des 40 années qui allaient suivre, soulève un fort mécontentement populaire. De nombreuses manifestations éclatent dans le pays en 1960 à cause des fraudes électorales, d’abord dans les universités puis dans de nombreuses villes. Le 26 avril 1960, malgré une répression sanglante et l’application de la loi martiale, Syngman Rhee donne enfin sa démission et part en exil à Hawaï, où il meurt 9 ans plus tard.

Années 1960 -1980

Yun Boseon est élu en juillet et forme un gouvernement incapable de diriger le pays, alors en pleine crise économique. Un putsch d’officiers mené par Park Chung-hee met fin aux manifestations en mai 1961, mais pousse Yun Boseon à la démission en 1962. Aidé de Kim Jong-Pil, Park arrête des opposants, puis fait approuver une nouvelle constitution en décembre 1962, qui étend les pouvoirs du président. Il quitte l’armée et se faire élire en décembre 1963. Il ouvre une ère de prospérité économique mais son régime est de plus en plus autoritaire. Il normalise les relations avec la Corée du Nord en signant un accord pour une réunification pacifique en 1972. La même année, la dissolution de l’Assemblée et le lancement de Yusin, la Constitution de la « Rénovation », donne plus de pouvoir au président. Il est finalement assassiné en octobre 1979 par le directeur des service secrets, qu’il avait lui-même créés en 1961. Son régime est cependant crédité de la modernisation de la Corée, surtout celle des campagnes par le mouvement Saemaeul et du « miracle » économique.

Années 1980-1990

L’élection de Choi Gyu-ha génère de violentes manifestations en faveur de la démocratie. Chun Doo-hwan, qui avait dirigé les répressions sanglantes du Mai de Gwangju, prend le pouvoir par un coup d’Etat militaire en août 1980, après la démission de Choi. Les nombreuses violations des Droits de l’Homme, ainsi que les scandales financiers et politiques de son gouvernement ternissent sa popularité, au point qu’il ne se représente pas aux élections en 1987. Il présente comme successeur un homme de son parti, Roh Tae-woo, qui est, pour la première fois, élu au suffrage universel et ne peut arrêter la marche vers la démocratisation. Les Jeux Olympiques de 1988 font entrer une nouvelle Corée sur la scène internationale. Les relations avec la Corée du Nord s’améliorent, surtout en 1990 avec les rencontres interministérielles qui ont lieu entre Pyongyang et Séoul.

Le rapide développement économique et démographique de la Corée à partir des années 1960 transforme peu à peu Séoul en mégalopole ultra-moderne. Les JO de 1988 lancent le développement du sud du fleuve Han, encore occupé une quinzaine d’années auparavant par des rizières. L’urbanisation n’a pas toujours suivi de plan déterminé et cohérent, mais à cause de la congestion actuelle, la ville de Séoul est plus sensible aux problèmes d’environnement et de cadre de vie. La population a aussi commencé à décroître, attirée par les nouvelles villes satellites et celles de l’active province environnante, le Gyeonggi-do.

Années 1990-2000

L’arrivée de la démocratie : En décembre 1992, Kin Young-sam est élu président. La Corée intègre l’O.C.D.E. en 1996, et entre dans la cour des grands. Durant la présidence de Kim Young-sam, de nombreux scandales de corruption éclatent cependant. Les anciens présidents Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo sont jugés en 1996, puis condamnés pour avoir touché des millions de dollars des chaebols. Le fils de Kim Young-sam lui-même est miss en cause pour délit d’initié et corruption. Le parti de Kim Young-sam, dont la responsabilité est évoquée dans la crise économique qui frappe le pays fin 1997, est battu par son rival Kim Dae-jung en décembre de la même année. Ce dernier hérite d’une situation délicate en cette « période F.M.I ». Le début de son administration est cependant placé sous le signe de l’ouverture, vers le Japon et surtout vers la Corée du Nord. L’année 2000 est ainsi marquée par le sommet intercoréen durand lequel le président sud-coréen va rencontrer son homologue nord-coréen à Pyongyang, une première historique qui vaut à Kim Dae-jung le prix Nobel de la paix. Il est aussi crédité pour avoir redressé l’économie coréenne de façon spectaculaire après la crise. La fin de son mandat est pourtant assombrie par de nombreux scandales : deux de ses fils sont ainsi accusés de trafic d’influence.

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