Les habitudes de travail

Généralités.

Les Coréens sont non seulement très attachés à leur entreprise, mais aussi très travailleurs. Il n’est pas rare de voir, dans certains bureaux, les employés rester jusqu’à des heures très tardives, simplement parce que le supérieur est encore dans les locaux. Les Coréens passent ainsi l’essentiel de leur temps sur le lieu de travail, ce qui a des effets non négligeables sur la vie sociale. Les amis sont des collègues de bureau, les rencontres se font également souvent sur le lieu de travail, et dans cet univers, la vie de famille devient presque secondaire.

Pourtant, si l’économie coréenne est dynamique et prometteuse, le marché du travail reste difficile d’accès. Les étudiants coréens, surdiplômés, sont confrontés à une compétition accrue et peinent à trouver du travail. Le chômage des jeunes est une réalité (11,2%, contre une moyenne de 3,2% sur l’ensemble de la population active en novembre 2020) et ces derniers sont souvent contraints d’accepter des postes à temps partiel ou en dessous de leurs qualifications.

La culture des heures de travail.

En 2012, le journal Libération titrait déjà « les Coréens au bout du boulot » , on y retrouvait des récits de nuits passées au travail pour un salaire de 1000 euros net et des heures supplémentaires non payées. Pourtant, inversement au nombre d’heures travaillées, très élevé, la Corée du Sud présentait un taux de productivité horaire parmi les plus faibles des pays développés.

Face à ce constat, le gouvernement coréen a entrepris de réformer la culture du travail. Le Président Moon Jae In a poursuit cet effort, et depuis avril 2018, tous les vendredis, les ordinateurs de l’administration de Seoul s’éteignent automatiquement afin d’éviter le travail nocturne. De plus, en 2019 a été décidé une augmentation du salaire minimum.

Bien que les mentalités tendent à changer, si le droit coréen du travail prescrit un temps de travail de 40 heures par semaine, cette règle est loin d’être appliquée pour une majorité de salariés. Cette pression du travail se ressent également sur les vacanes, si les coréens disposent légalement de 15 jours par ans, ils ne prennent la plupart du temps que la moitié de ces congés afin de ne pas être mal vus par la direction.

La culture de la hiérarchie.

L’un des fondements de la culture coréenne est la hiérarchie, dès le plus jeune âge les enfants se voient inculqué le respect des ainés puis de leurs supérieurs, rien d’étonnant dans ce cas de retrouver cette caractéristique dans le monde du travail.

Si votre position est importante, votre âge le sera tout autant, ne vous étonnez pas si un collègue inconnu jusque là vous demande votre âge, même sans lien de subordination dans votre travail, il sera considéré comme votre Senior (et vous son Junior) si vous êtes plus jeune que lui. La hiérarchie en Corée du Sud est poussée si loin qu’il sera rare de voir un poste accordé à une personne plus jeune que les personnes qui seraient sous son encadrement.

Afin de vous intégrer dans l’environnement de votre entreprise, vous devrez respecter des codes de la hiérarchie coréenne, ainsi, il vous faudra attendre que la personne la plus âgée de la tablée s’assoie afin de l’imiter et il en sera de même pour commencer à manger. Restez humble devant vos collègues et tout particulièrement vos supérieurs.

La culture de l’entreprise-famille.

L’entreprise est encore pour beaucoup de coréens plus qu’un travail, c’est un cercle social des plus importants. L’opinion que les collègues et dirigeants ont des salariés compte et il est important de s’investir dans la vie de l’entreprise. Une mauvaise réputation dans le monde du travail ou un licenciement serait honteux pour le concerné mais également pour sa famille.

L’implication de la personne embauchée pourra être mise à l’épreuve de diverses manières, par les heures de travail accordées à la société, même sur des jours de repos, la présence des collègues au mariage de l’un d’entre eux, et aux funérailles de l’un des membres de la famille d’un salarié. Le plus souvent, votre fidélité à l’entreprise sera vérifiée par votre présence aux diners et verres « after work » organisés fréquemment et qu’il sera très difficile de refuser.

De plus, il ne s’agit pas seulement de se rendre aux événements après le travail mais de participer en acceptant tous les verres proposés par votre supérieur et aux jeux d’alcool. Cette pratique qui peut choquer en France est lentement remise en cause en Corée du Sud mais ne recule que lentement. En ce domaine votre statut d’étranger peut vous être utile en vous excusant de n’être pas encore capable de boire beaucoup d’alcool coréen. En cas de refus, veillez à le formuler poliment et de façon indirecte, un refus net est souvent interprété comme de l’impolitesse.

La culture de l’honneur coréen.

Tout comme pour refuser un verre, il vous faudra revoir votre façon de communiquer, dans les entreprises séoulites les apparences et la cohésions sont primordiales. Contredire directement et publiquement un collègue sera perçu comme la volonté de lui faire perdre la face, en revanche, il sera parfaitement admis que vous vous exprimiez plus directement lors des soirées after work que nous avons mentionné mais pour cela’¦ Il faudra attendre d’être ivre pour faire vos réclamations les plus véhémentes, le plus probable est que le lendemain vos collègues feront semblant de ne se souvenir de rien mais votre demande sera potentiellement considérée par votre supérieur.

Si toutes ces règles sociales semblent radicalement différentes de ce qui peut être observé en France, ne paniquez pas. L’adaptation se fera avec le temps à l’aide, la plupart du temps, d’une indulgence de la part des coréens pour les étrangers arrivés à Séoul depuis peu.

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